• Wieland, célèbre nain forgeron et orfèvre d'Allemagne, nommé Völund en Scandinavie et Véland en France, avait façonné de si somptueux joyaux et créé de si fabuleux trésors que sa renommée finit par éveiller la cupidité d'un roi et d'une reine sans vergogne. Le couple royal fit enlever le nain et le tint prisonnier sur une île au milieu d'un lac, afin qu'il n'exerçât plus son art que pour leur seul agrément.

    Pour lui ôter tout moyen de s'enfuir, ils lui firent sectionner les tendons des deux jambes.

    Un matin, les deux jeunes fils du couple royal vinrent dans l'île pour contempler les trésors qu'avait produits le nain privé de l'usage de ses membres inférieurs. Il y avait là profusion de bracelets d'or, de broches incrustées d'ivoire et de pierres précieuses et de timbales d'argent niellé ornées de scènes de chasse ou de bataille. 

    Profitant de la distraction des enfants, Wieland attrapa l'une de ses épées, aussi fine et acérée qu'une feuille de roseau, et trancha d'un seul geste la tête des deux princes. Puis il arracha leur peau, leurs yeux, leur cervelle et leurs dents et en fit deux splendides coupes en os incrustées d'argent.

    Il les offrit aux époux royaux qui, sans le savoir, burent désormais dans les crânes de leurs enfants.

    Ce fut alors la fille du roi et de la reine qui alla trouver Wieland pour lui demander de réparer une bague. Wieland lui fit ingurgiter une potion qui la plongea dans un état de léthargie profonde. Le nain en profita pour abuser d'elle. Puis, il fixa sur son dos une paire d'ailes en or qu'il avait forgées en secret et, nouvel Icare, s'envola vers le ciel et disparut à jamais.

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  • Pour les uns vase mystique contenant le sang du Christ en croix, pour les autres météorite, pierre tombée du ciel ou émeraude chue du front de Lucifer, ou bien encore principe spirituel, le Graal, parfois nommé Gradale, demeure jusqu'à aujourd'hui une énigme non résolue.

    Le roi Arthur et les chevaliers de la Table ronde, ordre créé par l'enchanteur Merlin, ont entrepris une quête du Graal qui inspira les oeuvres des plus grands romanciers du Moyen Age, de Chrétien de Troyes à Wolfram von Eschenbach qui, dans sa "Véritable Histoire du Graal", rédigée en 1204 durant la quatrième croisade, décrit ainsi les secrets du saint Graal enseignés à Parsifal par l'ermite Trevizent : "C'est une chose qui m'est bien connue ; de vaillants chevaliers ont leur demeure au château de Montsalvage, où l'on garde le Graal. Je veux vous dire que tout ce dont ils se nourrissent leur vient d'une pierre précieuse, qui en son essence est toute pureté. Si vous ne la connaissez pas, je vous en dirai le nom : on l'appelle "la pierre tombée du ciel". Il n'est point d'homme si malade qui, mis en la présence de cette pierre, ne soit assuré d'échapper encore à la mort pendant toute la semaine qui suit le jour où il l'a vue. Qui la voit cesse de vieillir. Cette pierre donne à l'homme une telle vigueur que ses os et sa chair retrouvent aussitôt leur jeunesse. Elle porte aussi le nom de Graal. C'est aujourd'hui vendredi saint ; c'est le jour où l'on peut voir une colombe descendre du ciel en planant ; elle apporte une petite hostie blanche et la dépose sur la pierre...".

    graal
     


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